Histoire et archéologie

Cette rubrique vous propose plusieurs articles, Tout d'abord, l'origine de Courchapon et l'explication étymologique de son nom.

Puis dans les pages suivantes vous retrouverez des articles sur :

- la création des nom de villes/villages au Moyen-Age,

- la découverte d'un habitat médiéval à Courchapon,

- deux sites remarquables sur la LGV Rhin-Rhône.

L’origine :

La grotte de la Roche, atteste de la présence des hommes à Courchapon dès le néolithique. La grotte, a été occupée sur plusieurs périodes distinctes, comme la civilisation dites « des champs d’urnes », puis à l’époque gallo-romaine.

Des fouilles archéologiques ont été effectuées à l'occasion des travaux de la LGV, au lieu-dit " Sur le moulinet " et les traces d'un habitat médiéval, composé de deux bâtisses ont été découvertes. Le site a vraisemblablement été occupé entre VIIIe et le Xe siècle.

Le dessin du site, très net, sans juxtaposition d'habitats postérieurs traduit également « une occupation » sur une ou deux générations. On est en plein dans la question de l'origine de nos villages. On sait qu'entre le Ve et le XIIe siècle, les villages sont nomades. Ils suivent les cultures au fur et à mesure de l'épuisement des sols avant de se fixer graduellement.

 

Nom du village et son étymologie

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Curto Capone (1109) – Corchapon (1275) – Courchappon (fin XIV° siècle), Courchapon (XV° siècle)

D’après le dictionnaire étymologique Dauzat, le nom viendrait du latin « cortem » : domaine, et d’un nom d’homme germanique capo.

Il existe aussi la proposition avec la racine « curtius » ferme fortifiée ou close + « Capo » nom d’une personne germanique

Le champ lexical « cour » est issu du bas-latin « corte » qui a désigné tout d’abord une cour, puis a pris le sens de ferme ou de domaine agricole et enfin de hameau, village, bourg. On le trouve dans les toponymes commençant ou se terminant par « cor » ou « cour » ;

 

 

Blason de Courchapon

Blason courchaponBlason courchapon

La création des noms de villes/villages au moyen-age

La construction des noms de nos villes et villages différe selon les époques. Sept grandes époques sont recensées : pré-gauloise, gauloise, romaine, gallo-romaine, les francs et les invasions barbares, l'époque féodale, les nouvelles villes de la fin du Moyen Age.

 

En ce qui concerne Courchapon, c'est la période des francs et des invasions barbares qui nous intérressent.

"Les invasions germaine, sarrazines, normandes eurent pour conséquence la décadence des villes et le développement des centres ruraux. Aussi maints villages actuels, voire quelques-unes de nos villes, ont-ils comme noyau un domaine de l'époque franque. Souvent dans le nom du village, apparaît le nom du lointain fondateur du domaine.

La cour de la ferme franque était "la curtis". Peu à peu, le mot sert à désigner les bâtiments qui entouraient la cour, puis le domaine lui-même, lequel portait habituellement le nom du propriétaire. De nombreux noms de villages commencent ou terminent par "cour".

Nous pouvons trouver d'autres racines pour la formation des noms. Le domaine pouvait également être désigné sous le nom de "villa", qui se transforme en "ville", "villare". Parfois c'est le mont, le val, le pont qui s'allie au nom du propriétaire : Géraumont, Herbeuval, Héripont. Le mot "vic"' désignait le bourg."

sources : www.souquieres.org/histoire/toponymie.html (la page "la création des noms de villes/villages au moyen-age" n'existe plus, j'en avais fait une copie en 2010 quand j'ai commencé à faire des recherches sur Courchapon, elle avait été rédigée à partir d'un texte relevé dans un vieux livre d'histoire des années 1890)

Un habitat médiéval découvert à Courchapon

C'est l'un des très rares sites fouillé par les archéologues en Franche-Comté ravis de documenter une époque fort mal connue.


Le décapage du sol a mis au jour les ossements d'un adolescent.

Ca ne ressemble à rien comme ça.
Quatre mille mètres carrés de sol nu balayés par un vent glacial, parsemés de cailloux et de petits drapeaux roses soulignant chacun une tâche plus sombre dans la terre.
Quatre personnes s'affairent, au lieu-dit " Sur le moulinet " aux Grandes Pommeray, commune de Courchapon.

Ici le temps s'est arrêté, englué dans la terre de Comté et les archéologues déchiffrent des indices ténus, comme un livre ouvert dans une langue difficile sur une époque méconnue.
Ils ont resurgi, alors que la région prépare son avenir, sous l'emprise de la future ligne à grande vitesse.



Un puzzle riche d'enseignements

" Entre le VIIIe et le Xe siècle ", évalue à la louche David Billoin, archéologue de l'INRAP, responsable du chantier.
Un habitat médiéval, composé de deux bâtisses sur poteaux de 9X6 m.
Les trous sont là bien identifiables.
Il faut imaginer une structure de bois et de terre à la couverture végétale.

A côté, un " fond de cabane " marqué par un ovale de pierres indique un atelier artisanal.
Tout près, le décapage du champ a mis aux jours les ossements d'un adolescent.
Encore plus loin, deux alignements de pierres parallèles séparés de trois mètres vont bientôt révéler la présence d'un plancher...

Il faut ajouter à ce puzzle historique des fragments de poterie, des os d'animaux reliefs de repas, des scories caractéristiques d'une activité métallurgique importante et, ultime trésor, une broche en bronze à double crochet.

Rien de bien excitant pour faire la " Une " d'un magazine à sensation et pourtant les archéologues se délectent. " Ce qui fait l'intérêt de ce site c'est que toute l'époque comprise entre le VIe et le XIVe siècle est très mal documentée ", précise David Billoin qui s'en est fait une spécialité.

Chaque éclat de céramique, daté, analysé, comparé va alimenter une banque de références et combler une nouvelle lacune.
Au terme d'un mois de fouilles, désormais achevées, l'on sait déjà que ladite poterie est constituée de roches métamorphiques ou réfractaires, provenant des Alpes, " témoignage d'une catégorie sociale plutôt élevée. "


Chaque éclat de céramique, daté, analysé va alimenter une banque de références.


L'origine de nos villages

Le dessin du site, très net, sans juxtaposition d'habitats postérieurs traduit également " une occupation sur une ou deux générations. On est en plein dans la question de l'origine de nos villages. On sait qu'entre le Ve et le XIIe siècle, les villages sont nomades. Ils suivent les cultures au fur et à mesure de l'épuisement des sols avant de se fixer graduellement. "

Et surtout au fur et à mesure de la mise en place du cadre paroissial.
Des fermes, une église ou un seigneur et voici nos villageois soumis à de nouvelles règles de vie en communauté. Plus question d'enterrer ses morts autrement qu'au cimetière par exemple. " A part une grotte avec des inhumations protohistoriques, la première mention de Courchapon que l'on trouve aux archives remonte au XIe siècle. " poursuit David Billoin. Chaque parcelle que l'archéologie explore " nous amène au plus près de la vie quotidienne. Par exemple, il y a 2 ans, avant deux fouilles menées en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort, on ne savait rien de la gestion du bétail et des épizooties
(1) à l'époque médiévale. "


Source :
http://www.estrepublicain.fr


 

(1) Une épizootie est une maladie frappant, dans une région plus ou moins vaste, une espèce animale ou un groupe d'espèces dans son ensemble. ...

 

Deux sites remarquables sur la LGV Rhin Rhône

Ci joint un fichier PDF découvert sur le site de l'INRAP

L'Institut national de recherches archéologiques préventives est un établissement public, à caractère administratif, de recherche français créé par la loi du 17 janvier 2001 relative à l'archéologie préventive. ... (source Wikipédia)

L'INRAP est la plus importante structure de recherches archéologiques française et l'une des toutes premières en Europe. Etablissement public national de recherche, il réalise l'essentiel des diagnostics archéologiques et des fouilles préventives en partenariat avec des aménageurs privés et publics (collectivittés territoriales, sociétés d'autoroutes, Réseau Ferré de France...), soit près de 2500 chantiers par an en France métropolitaine et dans les Dom.

Courchapon et archeologieCourchapon et archéologie

 

L'INRAP a édité une brochure :

ARCHEOLOGIE EN FRANCHE COMTE - Fouilles archéologiques de la LGV Rhin-Rhône : les résultats

Brochure inrap page de courchaponBrochure inrap page de courchapon

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